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| raid du brouillard
les photos sont prises durant les éclaircies....
un petit raid riche en émotions.... le projet initial était: cime Ouest de Fenestre, puis le col de Fenestre, nuit à l'abri d'hiver du refuge Dado Soria, puis, si la météo s'était trompée, face nord du Gélas, couloir des Italiens et descente par le balcon.. nous avons pris le mauvais temps (heu... conforme aux prévisions, je le confesse) dès le premier jour. cime Ouest de Fenestre avec un bon vent et visibilité médiocre, puis remontée au col de Fenestre. Descente du côté Nord du vallon de Fenestre en plein brouillard, et du très, très bon brouillard. visibilité très mauvaise, perception du relief parfois réduite à 2m sur neige vierge. au Plan Praiet (replat du refuge Dado Soria), les avalanches parties des deux côtés se chevauchaient, dans un paysage d'apocalypse. une large éclaircie bienvenue a facilité l'atterrissage au bivouac d'hiver, toujours aussi humide, mais qui m'a paru (vu les conditions extérieures) bien plus confortable que l'an dernier! il s'est mis à pleuvoir, puis, plus tard dans la soirée, à neiger sans regel. le meilleur était à venir. la remontée (670m) entièrement au GPS (moins de 10m de visibilité par moments) dans la fraiche de la nuit (on enfonçait de 30 cm par moments) fut épique. pour une fois, ma route GPS était "rustique", mal m'en a pris, ce n'était pas le jour à mégoter sur les points. Ce vallon absolument débonnaire par beau temps est plein de recoins dans lesquels on va se fourrer la tête en avant. Dans le sens de la descente, pas trop de souci, la configuration "en arête de poisson" ramène peu ou prou dans l'axe du vallon principal. quand on n'y voit rien de rien en neige vierge, il faut quand même veiller à ne pas sauter une congère, ou se mettre dans un trou. Mais dans l'autre sens, "à rebrousse poils", ce n'est plus du tout la même limonade: tant de bifurcations qui fonctionnent comme des nasses! Les maléfices de la montagne se sont déchainés. sans aucune visibilité, nous nous sommes ainsi retrouvés perchés sur des butes insignifiantes qui nous semblaient des pitons vertigineux, entourés de pentes abominables qui, en réalité, se finissaient 3m plus bas, embourbés dans des cuvettes sans issue, enfermés dans des cirques à 360° ... arrivés à 50m de dénivelée et 110m GPS du col, dernière péripétie: des parois partout... on a fini par le trouver quand même! bien sûr, la configuration du vallon a fait que le GPS perdait sa localisation pour plusieurs minutes juste dans les endroits les plus merdiques, la trace de l'aller n'était formée que de lambeaux (carte ci dessous) et on ne percevait même plus le sens de la pente.
Bon exercice de navigation aux instruments, tout de même . Et bravo à mes compagnons et à Cathy pour leur "zénitude"!!
analysons ensemble la sortie pour en tirer les leçons:
les choses positives:
ça ne m'a pas empêché de faire plusieurs erreurs, et de rencontrer plusieurs difficultés:
nous avons pu avoir la démonstration qu'un GPS non étanche n'est pas adapté, le mien était trempé en permanence.
ci dessous, la route (segments rouges) et la trace en bleu. il y a là les lambeaux de trace aller et retour, ce qui explique les nombreux morceaux. la configuration encaissée du vallon et peut être le mauvais temps perturbent la réception. placer le GPS dans une poche entraine la perte des satellites. les segments rectilignes viennent souvent d'une première position approximative (sur 3 satellites) améliorée ensuite au verrouillage sur 4 satellites)
les leçons de l'histoire:
analyse d'une erreur de navigation: à droite du point 010, la trace d'une fausse route. il faut s'éloigner sensiblement de la bonne route pour être sûr que l'on s'est trompé. nous avons fait demi tour lorsque le report approximatif sur la carte (la carte papier était bien moins zoomée que celle ci) nous a laissé penser que nous étions passés du mauvais côté de la zone rocheuse. nous avons donc attendu une éclaircie (très relative) pour entrevoir une masse rocheuse à une trentaine de mètres à droite, ce qui a conforté l'hypothèse de l'erreur de vallon. reste à revenir sur ses pas, retrouver le bon chemin, ce qui n'est pas une mince affaire dans ces conditions, car nous avions suivi le vallon de moindre déclivité, alors qu'il il a fallu remonter une raide coulée d'avalanche. ce qui nous a perturbés, c'est que nous n'avions jamais eu l'impression d'avoir un autre choix vers la droite, des éclaircies nous avaient au contraire montré des pentes raides partout. l'une de ces pentes était pourtant la bonne... à remarquer aussi: l'imprécision de position GPS ou de la carte nous place par moment sur les cailloux... ce qui n'était pas le cas sur le terrain. cela représente une erreur de 56mètres. je pense que la précision GPS n'est guère meilleure dans ces conditions (3 satellites accrochés seulement, et en mauvaise configuration, puisque nécessairement proches. les autres sont cachés par les bords du vallon). il faut absolument avoir cela à l'esprit, les 5m de précision ne sont qu'un optimum. rappel: avec 3 satellites seulement, le GPS ne peut plus évaluer l'altitude
et ne peut plus réévaluer l'heure, la dégradation de précision est inévitable.
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