| raid dans la vallée des Merveilles (4
jours)
très beau raid, assez alpin et
engagé, avec trois sommets de premier ordre en ce qui concerne le panorama. les
étapes ne sont pas très longues. la cime ouest de l'Agnel, un "bout du monde" pour notre
massif, offre un point de vue saisissant et très original sur l'envers du Gélas,
Malédie et Clapier. attention au retour à partir
du lac de l'Agnel, qui réserve quelques surprises alors qu'on pense être sorti
des difficultés: verrou du lac, à contourner largement sur la droite (pas
évident du tout) et gorges de Valmasque où il faut impérativement quitter la
piste d'été pour traverser en face, au même niveau (très exposé, sinon) . un GPS
est utile, en particulier si la visibilité est mauvaise.
les abris d'hiver du refuge des merveilles et de Valmasque
sont normalement ouverts
l'itinéraire est tracé sur les photos ci dessous photos ci dessus:
1ere ligne: J1, montée au refuge des merveilles par le
vallon de la Minière (dénivelée: 800m, 3h, tranquille. un passage de verrou,
souvent mal tracé peut donner un peu de fil à retordre sur quelques mêtres))
2eme ligne, J2: refuge- Bégo - refuge par la face
Sud. (dénivelée 750m, longs S3- S4 exposé par neige dure. matos: couteaux, crampons,
casque.) 3e ligne: refuge- mont des
Merveilles-Grand Capelet - lac du Basto - lac Noir- refuge de Valmasque.
(dénivelée environ 900m. exposé par neige dure,
descente N E du Grand Capelet alpine (niveau PD mixte alpinisme, corde
nécessaire), longs plats (manipulations de peaux).matos: crampons, couteaux,
piolet, corde, casque). 4e ligne, J4.
refuge de Valmasque - lac gelé - colle de la Charnassière- lac de l'Agnel- cime
ouest de l'Agnel- vallon de l'Agnel - vallon de Valmasque - Castérino.
dénivelée 1100m, 14 km environ, long S3 exposé par neige dure, brefs S4.
préparer soigneusement l'itinéraire sous le verrou du
lac de l'Agnel et compter 1h30 à 3h de là à Castérino: sous le barrage,
traverser en montée à droite (50m de dénivelée sur de vagues rampes), contourner
la croupe pour atteindre un vallonnement, raide au départ. on le descend jusqu'à
son pied (S3- passages de S4, peu exposé), traverser le vallon et suivre la rive
gauche (assez bas près du vallon) jusqu'au confluent avec le vallon de Valmasque:
Vastière de Valmasque (petite maison). continuer rive gauche (longues zones
plates, remettre les peaux) et traverser à un pont peu avant la balise 393.
attention, sauf par faible enneigement (et encore...), ne pas suivre la piste
d'été dans les gorges de Valmasque, la piste peut n'être plus qu'un souvenir,
comblée par la neige ou la glace, et dominant le torrent. une chute ici serait
probablement fatale. Vers la côte 1800, traverser (pont de neige) pour repasser
en rive gauche, et suivre le fond du vallon à une quarantaine de mètres au
dessus de son fond. un système de vires peu marquées à la hauteur exacte de la
piste d'été permet de traverser les gorges sans souci. on débouche sur une pente
"raide mais sans danger" dixit Boitel, que l'on redescend en tirant à droite. on
arrive juste avant le pont de la piste qui mène à la baisse de Peyrefique.
remonter cette piste vers la gauche durant 800m (70m de remontée), de là, se
laisser glisser jusqu'à Castérino. je vous recommande l'auberge Marie Madeleine,
première batisse que vous rencontrerez le long de la piste sur votre droite
tenue par Paul et Anne, pour un casse croûte!
la course:
Mercredi 16h 15. fin de raid ... ou presque.
je suis allongé sur le dos, vautré sur mon gros sac, les
skis par dessus la tête posés contre le plafond de rocher, coincé entre une
congère et la paroi glacée. entre mes spatules, je regarde Paulo qui
gigote doucement, comme un gros scarabée retourné, tout aussi coincé que moi.
pas très glorieuse, la manœuvre... putain de
conversion sur le dos... jamais fait un sac de nœuds pareil en ski. sauf à être
encordés et embrouillés dans la nouille, je ne vois pas comment on aurait pu se
mettre plus "taquet" dans une telle manœuvre. sûr
qu'on a l'air cons, à se tortiller dans notre renfougne; mais en dessous gronde
le torrent de Valmasque et pour la troisième fois, j'ai provisoirement renoncé à
passer en rive gauche, pour faire plaisir à Paulo qui avait très envie de suivre
les belles traces. et bien sûr, comme d'hab', les belles traces ont disparu. il
a bien fallu faire demi tour, le plus sûr était donc de se mettre dans ce trou
au lieu d'une conversion sur la pente gelée de 40 cm de large à 40m au dessus du
torrent.
faudra quand même que je songe à rompre avec cette
tradition de chercher à forcer le passage en rive droite, comme avec Jean Jérôme
en 2001, Thomas en 2003, et maintenant avec Paulo... je devrais avoir compris
avec le temps... le prochain coup risque de finir au fond du ravin.
Dimanche, départ. pas facile de quitter
l'ambiance chaleureuse de l'auberge Marie Madeleine... nous sommes tombée par
hasard sur Marie-Paule et Olivier, nos compagnons de raid en Tunisie, et nous
avons évoqué les bivouacs dans le sable à Noel, la "boite à pipi" de Marie Paule
qui gelait dans la tente, la conduite généreuse de Jean Jerôme qui avait mis leur 4*4
sur le toit...
le vallon de la Minière se donne des airs de Canada, le torrent a scié le
manteau neigeux et scintille dans la poudre.
nous traversons un peu tard, sur un pont de neige porté par un tronc de
mélèze. on va quand même pas se mettre dans l'eau dès le début? ça tient...
le soleil disparait lorsque nous débouchons sur le plateau qui mène au
refuge. personne dans la baraque. le Bégo, au dessus, scintille encore dans les
derniers rayons du couchant, le haut doré et le bas bleu tendre. y'avait
longtemps que j'avais envie de passer la soirée en montagne.
on rentre par la fenêtre de l'étage. brrr, il fait la même température dedans
et dehors, le vent en moins... heureusement qu'il y a des couvertures.
Lundi, mont Bégo ça pique un peu, ce
matin. le Bégo est déjà illuminé, mais le refuge reste à l'ombre. on l'a planté
dans le coin le plus venté, je m'en étais déjà rendu compte. on serre un peu
les godasses, on chausse. chaque bourrasque nous poudre le cou. brrr... bon,
faut y aller, on cherchera le passage sur place. Paulo, fais bien gaffe... si
on s'embrouille dans une conversion, c'est direct sur le lac. et le lac, il
commence à être loin. c'est pas si raide, mais bien glacé. allez, zou, les
crampons. ça souffle dur, là haut, mais la pente s'est calmée. quelle vue!!
quelques minutes à pieds nous mènent au sommet, là c'est 360 degrés!
la redescente est bien plus facile, la neige a "gratiné" au soleil, ça
déroule tout seul. la pente glacée de ce matin n'est plus qu'une agréable piste
rouge qui dévale jusqu'au lac. ce soir, pas moyen d'allumer le feu. plus de
papier, pas de petit bois.
dernière tentative: faut se résigner, on brûle les cartes GPS en double.
Paulo met tout son savoir là dedans, le meilleur de lui même. et le meilleur est
tout juste assez bon... ouf, ça part! on a des voisin, ce soir, Pierre et
Virginie. Pierre est légionnaire, avec des cuisses de catcheur et il nous parle
de sacs de ...35 kgs pour que sa belle ait tout le confort moderne en bivouac ou
au refuge. Misère, pourvu que ça ne vienne pas aux oreilles de Cathy!
Mardi, traversée du Grand Capelet.

l'itinéraire débute au dessus du lac Long, cap à l'ouest. puis les pentes douces
du vallon se succèdent jusqu'au Mont des Merveilles.
nous redescendons à pieds vers le pas des Conques, puis nous grimpons la face
Sud du Grand Capelet.
l'échappatoire évident depuis le Bégo ne l'est plus du tout, ni même le
chemin de retour si nous devions faire demi tour. de petites barres parsèment la
face, invisibles du haut, qui doivent rendre la recherche d'itinéraire
compliquée par brouillard.
nous ne trainons pas au sommet, secoués comme des pruniers par le vent.
vu l'enneigement, il semble plus simple de descendre droit dans la face Nord
Est. un petit rappel, une grande pente raide et nous pouvons chausser dans la
poudre.
puis nous traversons le lac du Basto, le lac Noir, le lac Vert... jusqu'au
sympathique refuge de Valmasque.
Mercredi, cime de l'Agnel et retour à
Castérino

vue de l'agnel: sur la gauche, les pentes de la baisse qui mène au lac de
l'Agnel comme 7 ans auparavant, nous remontons le déversoir du lac Gelé. mais
au lieu de "tourner à gauche" vers le pas de la Fous et le refuge de Nice, nous
remontons cette fois le Collet de la Charnassière, pour dévaler vers le lac de
l'Agnel. là, nous laissons tout sur place pour monter plus léger. hum, tout le
matos...les
crampons auraient pu servir...
ce belvédère propose une vue très originale vers les faces Nord de la
Malédie, du Clapier... j'ai un peu de mal à "faire coller" le paysage à
celui que je connais, de l'autre côté. le Lac de l'Agnel aurait pu s'appeler
Lac Long, lui aussi. nous remettons les peaux pour le traverser.
pas très évident, l'itinéraire pour descendre sous son déversoir. après
hésitations vers des culs de sacs qui semblaient pourtant évidents, nous
remontons en rive droite du déversoir, pour rejoindre un vallon bien caché. il
ne reste plus qu'à suivre le torrent jusqu'à la piste... à part le passage des
gorges de Valmasque, toujours aussi farceur. et, comme dans Astérix les
aventures se terminent autour d'un festin, nous terminons le périple à Castérino,
chez Paul et Anne, à l'auberge Marie Madeleine pour un sérieux casse croute. ras
le bol des barres et du lyophilisé ! |