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ski-alpinisme dans le
Mercantour: quelques conseils de sécurité je ne suis pas professionnel de la montagne, juste un passionné comme vous. ces quelques remarques ne reflètent donc que mes opinions considérez qu'elle n'ont pas plus de
valeur que votre propre avis... mais vous pouvez les confronter à votre propre expérience! ici, point de crevasses ou de séracs, c'est déjà ça. mais la proximité "à vol d'oiseau" de la Promenades des Anglais ne doit pas faire oublier l'isolement des hautes vallées, en particulier du côté italien enneigé à partir de 1000m, ce qui fait que sur ce versant, la civilisation est bien loin... il n'est pas toujours possible de faire du feu dans les abris d'hiver des refuges, il faut donc penser à se couvrir en conséquence. des couvertures sont disponibles, le duvet est inutile dans les refuges et bivouacs sauf si l'on approche la capacité maxi du refuge, là, il ne reste plus que 2 ou 3 couvertures par personne, ce qui est insuffisant.
l'orientation par temps de brouillard n'est pas évidente si l'on a franchi la
ligne de crête frontalière. dans ces conditions, un GPS peut être utile. la neige se transforme vite dans le massif, aussi les crampons alu sont ils à emporter systématiquement dès le niveau PD (il arrive que toute la course soit en poudre, mais que la crête soit glacée, c'est courant sur la crête qui va de la Maïris à Juisse (Boréon) par exemple, ou sur la pente sommitale du mont Archas, courses faciles par ailleurs). une glissade sur neige glacée est incroyablement difficile à arrêter une fois la vitesse prise.
matériel de sécurité: le kit pelle sonde ARVA est obligatoire sous peine d'amende sur le versant italien depuis Janvier 2009, et très vivement conseillé sur le versant français, dès le début de saison. au début novembre 2009, un skieur a été enseveli sous la cime de la Bonnette, et secouru par ses coéquipiers grâce à son ARVA. l'espérance de vie sous une avalanche est de l'ordre de 12 à 15 minutes à 90% de survie. il faut donc s'entrainer...
emporter les couteaux systématiquement,
les crampons dès le niveau PD, un piolet
si c'est raide ou exposé (mais le piolet est bien moins indispensable que les crampons),
le style "collant pipette" doit sa sécurité à sa réactivité et sa rapidité. Mais si l'on doit rester immobile (recherche d'itinéraire, accident, bricologe sur le matériel, coup de fatigue d'un équipier, brouillard ...) il faut pouvoir se couvrir sérieusement. en hiver, une vraie doudoune en fond de sac est une bonne sécurité pour 6 à 800g. en décembre, face Nord de la Croix de carlé, il peut faire -18°. les choses se corsent encore s'il y a du vent, une cagoule est utile. Ici, le printemps est un piège à cons, il peut faire très bon durant trois semaines, ce qui amène à baisser la garde, puis refaire froid brutalement avec vent et neige...
estimation de l'exposition aux avalanches pour chaque course: cette estimation m'est personnelle, et elle est indicative d'après mon expérience. elle peut être utile pour choisir sa course, mais telle course peut s'avérer dangereuse par conditions particulières. cette estimation est donc à utiliser avec grand discernement. par exemple, lors de la saison 2006-2007, le risque 3 en face Nord a persisté presque 2 mois en raison de givre de surface enseveli, et qui subsistait à cause du froid. Dans ces conditions très particulières, la Croix de Carlé, course sûre même après des chutes de neige (exposition 1) , était devenue risquée même en forêt, alors que la cime du Mercantour, en face Sud (exposition 3) présentait une neige dure et glacée, sans risque... du point de vue des avalanches. à noter qu'en décembre-janvier 2009-2010, par enneigement exceptionnel, les forêts de gros arbres n'ont pas suffi à stabiliser la neige. à la cime de la Lèche, des épicéas de 60cm de diamètre ont été broyés avec une exposition 5 en face Nord, on n'est jamais sûr à l'avance de pouvoir passer, sauf renseignements locaux précis et récents. les forums (dont celui de Dénali sud) sont la meilleure source de renseignements. la face Sud de la pointe Giegn (exposition 5 ) était très sûre en février 2005, en neige de printemps après un redoux relatif, et tôt dans la matinée. Après une chute de neige, après un redoux, ou trop tard par une journée chaude, il vaut mieux l'éviter. en allant vers la tête Sud des Bresses, il est très improbable de déclencher directement une avalanche, mais la route du col de Salèse passe au pied des grands couloirs de la face Sud de Rogué qui peuvent partir spontanément ou être déclenchés à distance. à éviter donc par accumulation très importante de neige fraiche, amlgré que la course elle même ait une déclivité très faible. les facteurs aggravants que j'ai retenus sont: accumulation de neige (couloirs), exposition au dessus d'une barre (glissade critique même en mobilisant une faible quantité de neige), exposition Nord (transformation lente), ou plein soleil sur pente raide (ramollissement en journée), pente raide sous une crête (risque accru de plaque à vent)
vous pouvez avantageusement appliquer (sans tricher!) la
méthode de réduction des risques de Munter. le site de l'ANENA est plutôt
inquiétant, et explique notamment qu'il est impossible de détecter une plaque
fragile d'après la neige de surface, et que l'avalanche peut être déclenchée à distance
par l'effondrement d'une couche fragile... sur le plat. les facteurs aggravants sont les chutes de neige (particulièrement après une période de grand froid), la pente, le vent (particulièrement lors de la chute ou lorsque la neige est encore mobilisable); l'exposition Nord. chez nous, dans le Mercantour, il est rare qu'un risque élevé persiste très longtemps: l'alternance du froid et du chaud stabilise efficacement la neige, surtout en face Sud. il suffit d'être patient, ou de choisir sa course en conséquence.
là, c'est "normalisé"! S1 : itinéraire facile ne nécessitant pas de technique
particulière pour évoluer en sécurité, route forestière par
exemple.
on peut subdiviser en 3.1, 3.2, 3.3 chaque niveau. cela me parait un peu dérisoire, un S3 glacé étant bien plus délicat qu'un S4.3 en poudre tassée... disons que les conditions de terrain très changeantes n'autorisent pas une description "intrinsèque" très précise la tendance actuelle est à la surenchère dans les cotations. j'ai essayé de respecter les pentes données sur la carte, mais il est clair que, dans un grand S3 en neige dure (face Sud du Ponset, valette de prals face Sud, Cabret...), la chute est déjà interdite! 30° peut aisément se mesurer en faisant un triangle équilatéral avec les bâtons de ski. c'est déjà une pente respectable, surtout en neige dure. (piste noire de station, mais non sécurisée!!) . c'est la pente de la face Sud de la Valette de Prals. 40° correspond à la pente moyenne de la face Sud du pas de la Maledie, qui peut localement se corser de 10 degrés de plus vers le haut en cas de corniche. le côté "exposé", la dureté de la neige, le moral, la météo... rendent difficile l'estimation de la pente "au pif". seul, le clinomètre permet une mesure à quelques degrés près... ce qui ne sert pas à grand chose. |