alpiazur : alpinisme dans les Alpes d'Azur                  

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accueil > rocher > cayre de Cougourde: éperon Demenge  TD-

 

       

 

 

arrivée à l'attaque dans L3 R3 vu de R4 dans le dièdre en V+ de L5
à la vire du Z dans les dalles de L8 toujours dans L8, la plus belle... R10 vue de la traversée
pourquoi y aller?
  • grande voie, longue, soutenue et homogène. on a le temps d'en profiter !!
  • rocher exceptionnel dans plusieurs longueurs.
  • pas de passage très délicat.
  • escalade variée: dièdres, dalles...
  • équipement solide (spits de 12), bons relais

 

pourquoi ne pas y aller?
  • protections assez espacées .
  • températures plutôt fraiches le matin... mieux vaut avoir une super-météo, prévoir de se couvrir et ne pas attaquer trop tôt!
  • course assez longue à la journée depuis Nice. 

matériel:  
  • 4 ou 5  grandes sangles (relais compris)
  • friends et coinceurs
  • 9 dégaines 
  • rappel si l'on choisit la descente par l'épaule sud ouest 
  • casque
  • petits gants et vêtements un peu "surdimensionnés" pour la saison

ref: Gass course n°

points clef:
  • difficulté: régulière du IV au V ou V+, mais toujours "prisu"
  • points espacés, mieux vaut avoir de la marge... mais rocher sécurisant. 
  • horaire: compter large... avec les 7 premières longueurs mouillées et de la neige aux relais, nous avons mis 3h30 pour la première moitié, 2h pour la fin. ensuite, 30minutes pour descendre l'arête, et 1h30 pour les rappels... qui se coincent souvent! (arête ventée)
TOPO:
  • accès: vallon du Boréon, jusqu'au parking supérieur. de là, à pieds, remonter le vallon de cougourde jusqu'au refuge (1h20), le dépasser jusqu'au lagarot des Sagnes, suivre le sentier de la voie normale de cougourde qui s'élève maintenant en rive gauche, le quitter ensuite pour traverser horizontalement vers des ressauts rocheux que l'on franchit par une escalade facile d'une vingtaine de mètres dans l'un des couloirs, et remonter jusqu'au pied de la paroi.
     

  • repérer le grand couloir sombre qui sépare la cime IV du reste de la cougourde. à sa droite, un dièdre sombre parallèle à ce couloir remonte la face. c'est la ligne générale de la première partie de l'escalade.l'attaque se situe à gauche d'un promontoire rocheux d'une quinzaine de mètres, bien à droite de la ligne de dièdres que l'on rejoindra ensuite .
     

  • L1: remonter une large fissure, plutôt un couloir par la fissure elle même ou par les rives (IV, pas de spit, assurage sur friends malcommode, parfois humide) relais R1 sur une bonne marche.
     

  • L2: remonter le dièdre raide au dessus (IV+/V) puis la voie suit une rampe en ascendance à gauche, où des passages herbeux alternent avec du rocher (dalles couchées et 2 ressauts de 2m en IV+-V avec 1 spit chacun). R2 en haut d'une sorte de petite tour accolée.
     

  • L3: remonter la belle dalle qui suit en tirant à légèrement à gauche, longueur plutôt courte, R3 sur une bonne marche, à droite du grand dièdre.
     

  • L4: traverser horizontalement à gauche le grand dièdre évasé, puis encore vers la gauche de son fond, remonter les belles dalles en tirant toujours légèrement à gauche (spits peu visibles et espacés). relais R4 en haut de la dalle, dans une partie moins inclinée sous une dalle très raide. on ne le découvre qu'au dernier moment (1 piton quelques mètres avant).
     

  • L5: traverser à droite pour rejoindre le fond du dièdre (spits peu visibles depuis le relais), forcer  la partie légèrement surplombante au dessus (V+ puis V, mais en confortable opposition), R5 au dessus de cette partie du dièdre.
     

  • L6: au dessus, le dièdre continue mais change d'allure (plus ouvert): le remonter sur sa dalle de droite, puis rejoindre le fond et surmonter la partie la plus raide. (IV+/V) R6.
     

  • L7: le dièdre est maintenant plutôt un couloir (IV+ max dans les ressauts), le remonter par son fond ou ses rives. si vous êtes encordés à 50m (pas 45, trop court!!), lorsque le couloir rejoint la vire du Z, 1 spit permet d'assurer proprement le (ou les...) seconds, puis traverser 20 m à droite, en légère  ascendance, à travers des dalles faciles (II / III max) mais sans point. sur la partie la plus confortable, lorsqu'on a consommé 49,30 m de corde (!!)  on découvre un beau relais brillant. ce n'est pas le bon, on vient de le dépasser de 5 m . on peut casser la croute au plus confortable (banquette terreuse), puis revenir donc 5m à gauche, au pied d'une splendide dalle rouge. R7.
     

  • L8: en ascendance à gauche, remonter cette dalle d'anthologie, raide, points espacés, mais "prisue" et adhérente, rocher exceptionnel... (V / V+) forcer un court ressaut très raide le long d'une lame décollée et plein de prises. R8 avec une vue splendide sur la dalle.
     

  • L9: traverser carrément à gauche en ascendance, jusque sous un dièdre situé quelques mètres au dessus. remonter le tout (Iv+ / V) puis poursuivre par le fil de l'éperon qui se couche et aboutit à une large terrasse au pied d'un grand mur rouge R9 à la base d'une sorte de proéminence au pied du mur.
     

  • L10: traverser vers la droite la base du mur, pour rejoindre une fissure rayant le mur. le 1er point visible à 15m est en fait le 2e, le 1er est caché et situé sur une facette à gauche de la fissure. remonter ce mur (les rares points zigzaguent, mais à juste titre, ils passent au plus facile, V/V+ quand même). excellent rocher.  un peu avant le surplomb, traverser 3 m en ascendance à droite pour atteindre R10 peu confortable, sur une petite marche.
     

  • L11: traverser 6m à gauche, sur une marche très visible et très gazeuse (1 point visible du relais, plutôt lointain...), mais assez commode (IV) et remonter la dalle puis la cheminée au dessus (IV+ pas de V). R11 sur une banquette à droite du fil, à la sortie du dièdre cheminée.
     

  • L12: remonter le dièdre couché qui fait suite, puis traverser à gauche sous la suite du fil (on rencontre un spit ancien, et verdâtre d'allure militaire :-) ) remonter la partie fracturée qui fait suite, spits de direction de temps en temps. R12 sur une banquette.
     

  • L13: une longueur plutôt facile, dans la suite de la zone fracturée, mais en rocher demandant un peu plus d'attention .
     

  • L14: ultime longueur en III dans une sorte de large couloir rocheux qui mène à l'arête. relais R14 sur sangle sur un bloc sommital.
     

  • descente par l'arête Sud Ouest (voie de l'épaule): du sommet de la cime IV, descendre à droite (Sud) l'arête. lorsqu'elle devient plus raide (désescalade plus délicate sur 3m), guetter attentivement à main gauche un relais sur chaine dans un muret de 2m, dans face Est: pas facile à voir! (en dessous, un peu caché par le haut du muret. retournez vous fréquemment, vous le verrez lorsque vous l'aurez dépassé de deux ou trois mètres). un  rappel de 40m dépose sur une vaste terrasse. descendre (à pieds ) la terrasse caillouteuse vers son extrémité Sud Ouest (gros bloc). s'assurer et descendre une dizaine de mètres en traversée à gauche pour découvrir le relais sur chaine, invisible du haut. les autres rappels s'enchainent (plusieurs options possibles, mais en ligne générale, tirer vers la facette Sud dans le bas pour atteindre le départ de l'arrête sud ouest. )

 

 

la course (aout 2006):

longueur...combien, déjà?  4, ou 6 quelque chose comme ça. perché à 100, 150 mètres dans la grande face, le verglas qui recouvre la dalle ne me dit rien qui vaille... pas possible, on est bien en Aout??? les relais les pieds dans la neige, on avait vu ça du bas, les coulées noirâtres, aussi, mais du verglas dans la voie, quand même !!!

et puis pas de spit en vue, une forêt de vieux pitons, mais pas de spit. tu vois quelque chose, Martin???

si j'étais le premier à passer par là, j'irais où?  je remonterais sous le toit.. ah, oui, deux vieux pitons. mais les prises vitrifiées me gèlent les doigts. bon, faut bouger. 

je coiffe un piton "au lasso" avec une grande sangle et je traverse en direction du grand dièdre humide et noirâtre... un spit brille au fond, c'est gagné!

Martin me rejoint au dessus de ce dièdre gluant. on souffle sur nos doigts. "elle devrait s'appeler: "rêve de canicule", cette voie!!". bon sang, on est en plein mois d'Aout, qu'est ce que ça doit être au creux de l'hiver...

depuis le début, nous jouons à cache cache avec le soleil. le dernier à quitter le relais a droit à quelques secondes, et puis il replonge dans l'ombre. éperon Demenge? dièdre Demenge, plutôt! 

suivant l'alternance du réversible, Martin prend la tête, et essaie la magnésie sur les chaussons pour sécher un peu les semelles. pas concluant! le temps file, le rocher humide nous retarde. grand beau, a dit la météo. Et si, pour une fois ils ne s'étaient pas gourés? chiche...

on finit par rejoindre le soleil à la vire du Z, barrée d'un grand névé scintillant que l'on traverse respectueusement. on est en chaussons, hein, et les chaussons lisses dans la neige... merveille, la suite est pleine de prises tièdes que l'on empoigne goulument, dans un rocher exceptionnel..ahhh que c'est bon! 

les grandes dalles oranges alternent avec des dièdres gris, ça n'en finit pas. quelle escalade! nous en oublions les doigts gourds et les pieds glissants de la première moitié. on n'a pas envie que ça finisse d'ailleurs, n'étais ce ces nuages noirs dans notre dos.

de dalle en éperon, nous voici vers L11 lorsque l'ombre nous rattrape: ça se couvre... brrr! un petit vent glacé nous persécute. le rocher est chaud par comparaison, et sec de plus, c'est toujours ça. mais faut pas traîner, le noir du ciel ne m'inspire pas confiance malgré les promesses de Météo France.

sortis! mais ça caille carrément, maintenant. le temps de désecalader l'arête, de chercher le premier relais bien caché, et nous enchainons les rappels. 

enfin, enchainer, c'est beaucoup dire. le vent qui a forci nous gèle et entortille les cordes, les accroche sur les becs, les jette dans la face Sud ...coincé! Martin remonte décrocher la corde et redescend ébahi: "ça ne risquait pas de venir, la corde a fait un nœud coulant, un vrai, autour d'un becquet!!.

il est 18h quand nous atterrissons sur le plancher des vaches, grelottant malgré les coupe-vents. on avale un bout de sandwich, petit, tout petit, et ...pas le temps de savourer, faut y aller.

merci beaucoup au gardien du refuge qui a gentiment accepté de prévenir nos familles de notre retard. 

 

 

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